•  
  •  
  •  
  •  

J’avais prévu d’y aller à vélo mais le temps était vraiment exécrable et trop incertain, hésitant entre une pluie froide de novembre et l’accalmie d’un ciel couvert de mars. Mon appareil photo n’est pas IP67, et je ne veux pas arriver trempé. J’ai donc pris ma voiture, bien que l’heure ne soit pas idéale pour circuler facilement dans rennes. J’ai eu de la chance : trafic fluide, je suis arrivé quelques minutes avant 18h près de la Mabilais, à la French Tech Rennes St-Malo (FTRSM pour les intimes). Je me suis garé à la première place que j’ai trouvée, quoiqu’un peu éloignée du lieu. Un « tiens » vaut mieux que deux « tu l’auras », la vie m’a appris à moins courir après des chimères.

Les marches qui conduisent à l’entrée du bâtiment sont de celles, pénibles, qui cassent le pas. On hésite entre une grande enjambée qui nous fera arriver presque essoufflé jusqu’à l’accueil, ou deux petits pas pour chaque marche, qui rendent alors la montée presque ridicule. Je choisi de laisser mes jambes faire le job et pense à ce que je vais trouver ce soir : j’ai été invité par Synergiz et Microsoft France à un Meetup autour de l’holoLens.

J’ai connu Synergiz deux ans auparavant au travers d’une vidéo youtube où l’on voyait un bac à sable virtuel construit en contre-plaqué, avec la Kinect 2 et un vidéo-projecteur. Synergiz a fait plus loufoque encore après avec la Vending Machine commandée par Redbull, qui, presque par défit, leur a déposé un matin à St-Malo (port d’attache de Synergiz) un de leur distributeur de boisson en leur demandant de le rendre intelligent. Défi relevé pour l’équipe de Synergiz !

Le métier de Synergiz ? Développer l’innovation au service des usages.

Reconnue Silvers Experts par Microsoft le partenariat mis en place avec la start-up lui donne accès à des produits et services qui ne sont pas encore sur le marché, ce qui permet en retour à Microsoft de bénéficier d’un retour d’expérience inédits avant commercialisation et ou ajustements de la solution.

Lorsque je suis arrivé dans la salle Fabrice Barbin, CEO de Synergiz, échangeait avec Michel Rousseau, Technical Evengelist chez Microsoft, un gros mot pour une pourtant très sympathique mission : permettre au public cible de ces produits de s’approprier la technologie développée. Je les ai salués et ai expliqué ma curiosité pour l’événement, ainsi que mon idée d’en faire un article pour Kangaroolovers, afin d’apporter mon regard sur une innovation technologique et d’usage dont, je le pense, on sous estime encore aujourd’hui la portée.

Dans la salle les premiers arrivés sont déjà autour de casques holoLens posés sur la tête de testeurs qui sourient tout en semblant toucher des objets qu’eux seuls voient. L’impression pour l’observateur est étonnante, pas très loin en fait de celle que nous avions lorsqu’il y a quelques années nous croisions des passants qui parlaient à un interlocuteur invisible, affublés de leur oreillette bluetooth.

Cette fois toutefois l’expérience n’a rien à voir, l’individu ne semble pas « habité ». En effet, alors que je m’approche avec ma caméra, l’homme commence à me parler : il me voit, et me demande si je vois l’oiseau qu’il tient au bout de ses doigts. Hé bien non, je ne le vois pas, et cela me fait tout drôle de voir que lui voit une chose que je ne vois pas tout en étant lui et moi dans le même environnement.

J’avais testé quelques mois auparavant une des holoLens du géant de Redmond (en avant-première en France ! Merci Synergiz !), mais cette impression que je décris là était encore intacte lors de cette nouvelle expérience : l’utilisateur, bien qu’étant en interaction avec des objets ou scènes auxquels je n’ai pas accès, reste en contact avec son environnement.

Fabrice et Michel nous invitent alors à assister à leur présentation. L’holoLens  est une évolution majeure dans le paysage des objets technologiques. Il s’agit d’un ordinateur complet basé sur Windows 10, disposant de nombreux capteurs (gyroscopiques, accéléromètre, caméras, micros ) et d’écrans évolués, concentré dans un casque qui se pose sur la tête.

Michel illustre ce qu’est l’holoLens  de façon très explicite. Prenons une fresque sur laquelle les principales avancées technologiques en matière de réalité virtuelle seraient disposées. Nous aurions sans doute en premier les jeux informatiques, suivi des Carbox ou autres dispositifs permettant d’entrer dans le jeu ou la vidéo elle-même au travers d’un masque qui crée un univers fermé pour nos yeux, puis, comme nous l’avons vu cet été dans les rues, des débuts de la réalité augmentée où se superposaient au visuel réel de la vue, grâce au mobile, des Pokémons (il y avait un spot en face de Microsoft France). Au bout de la chaîne se trouve l’holoLens, dispositif autonome, confortable, permettant de superposer à la réalité un calque virtuel avec lequel interagir, un peu comme les dispositifs d’affichage dits « tête haute » que l’on trouve dans certains véhicules. Et c’est ce qui fait la différence. L’utilisateur n’est pas coupé du monde, il interagit avec tout en restant en contact avec son environnement et les autres vivants qui l’entourent. Une très sympathique démonstration nous est faite au travers de l’application Galaxy Explore, particulièrement bluffante ((la plupart des contenus vidéo sont en Anglais et sous-titres français non encore accessibles) :

Fabrice Barbin complète au travers de cas concrets d’utilisation, comme l’expérience conduite auprès du groupe Moët Hennessy à l’occasion du rendez-vous annuel de l’entreprise qui est l’occasion pour les différentes maisons du Groupe de présenter les coffrets en édition limitée qui seront commercialisés pour les prochaines fêtes de fin d’année http://blog.synergiz.com/page/2/ . Il ajoute :

Pour nos clients cela permet, par exemple, d’apporter chez leurs propres clients leurs réalisations sans avoir besoin de déplacer celles-ci. Nous travaillons donc avec eux pour développer l’expérience utilisateur attendue. Le résultat est à la fois très professionnel, puisqu’il met en avant les produits de nos clients, et ludique.

Les applications de Windows 10, la suite Office par exemple, Skype, ainsi que d’autres, sont accessibles via l’holoLens, ce qui crée une expérience utilisateur nouvelle et totalement immersive, et laisse envisager des évolutions profondes dans nos usages de l’informatique.

L’holoLens représente en tous points une évolution majeure, la présentation a convaincu. J’ai pu échanger ensuite avec plusieurs personnes, chacun ayant déjà en tête un usage possible de l’holoLens au sein de son activité, comme Quentin qui accompagne ses clients pour qu’ils communiquent mieux auprès de leurs propres clients. Pour lui l’holoLens permettrait d’apporter une dimension supplémentaire à son activité en la proposant à ses clients. Du travail pour Synergiz !

Laura, Théophile et Julie, trois jeunes acteurs du numérique, en stage dans deux startups du bassin rennais, ont les yeux bien ouverts:

Cela laisse énormément de place à de nombreuses idées, c’est la disparition de plusieurs objets, téléphone, écran d’ordinateur, ordinateur, au profit d’un seul. Il sera vraiment important de faire en sorte que les utilisateurs ne soient pas isolés de ce qui se passe autour d’eux.

En effet, si l’holoLens ouvre la voie de nombreuses applications eu usages géniaux il sera nécessaire d’être vigilant quant aux dérives possibles. Et vous, vous en pensez quoi ? N’hésitez pas à réagir !