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La terre promise, voilà un peu à quoi me fait penser ce que nous vivons depuis notre immersion réussie au Laos, dans le vrai de ce pays méconnu. Mais je vais vous surprendre, je ne vais pas parler du Laos dans ce billet. Ce serait bien naïf de ma part que d’associer ce pays à la terre promise, même si à bien des égards il s’en rapproche ( c’est le pays aux mille sourires, j’y reviendrais dans un prochain post ) , ou de laisser penser que quelque part il existerait une terre promise.

Je vais écrire quelques mots sur un truc que nous découvrons, qui fait directement écho aux paroles de Sarah, une bien belle voyageuse rencontrée l’année dernière par hasard, amoureuse elle aussi des belles choses et des belles rencontres humaines. Nous avons parlé du voyage qu’elle avait fait à la fin de ses études de médecine. Ses yeux brillaient encore en en parlant, bien que des années se soient écoulées depuis son retour. Je lui disais alors combien je ressentais le besoin de partir, de faire une pause dans ma vie française, pour me retrouver et tenter de revenir avec moins d’amertume contre mon pays. Sarah m’a alors dit qu’au moment où cette envie est devenue très forte en elle, devenant alors un projet, tous ses proches avaient peur pour elle. Étant papa à mon tour je peux comprendre cette crainte. Laisser sa fille partir seule de part le monde n’est pas des plus rassurant. Mais comme me le disait Sarah, cette peur, bien que légitime, n’est pas fondée. Pendant ses six mois de voyage rien n’est venu mettre en péril sa sécurité. Elle a choisi les pays à traverser et n’a fait que de belles rencontres.
Au détour d’une autre bière il y a quelques mois, après avoir pris la décision d’aller en Asie, Sarah m’a dit :

Tu verras, si tu vas voyager avec ton sac à dos tu rencontreras beaucoup d’autres backpackers, ils sont nombreux, on ne reste jamais seul.

Il est un stade dans la vie où l’on entend ce qui nous est dit, puis vient ensuite celui où l’on comprend, c’est à dire que l’on prend avec l’autre, on partage en somme ce qui fut dit, cela est plus que des mots, c’est enfin intégré comme réalité.

Et voilà, nous y sommes.

Notre immersion progressive, douce, étape par étape, pas après pas (et il y en a des pas, vous pouvez me croire) nous a conduit hier et aujourd’hui à Nong Kiaw (voir le billet de Jean-Philippe) où, en quelque sorte, nous avons trouvé la source, la terre promise.

Plein de backpackers !

C’est presque drôle tellement ils se ressemblent, tellement ils sont un peu tous pareils.
Des jeunes, hommes ou femmes, de tous pays, de tous continents. Moins de trente ans, ayant fini tout récemment leurs études, comme si le besoin d’aller s’évader était ici le plus fort.

C’est donc vrai. Si pour notre entourage direct un projet de voyage si loin avec rien d’autres de prévu que les sacs à dos et billets d’avion peut étonner, surtout passés 40 ans, arrivés à destination lorsque celles-ci sont bien choisies la réalité est que nous ne sommes pas seuls (bon presque les plus vieux, c’est certain, mais c’est tout ce qui nous différencie).

La sensation est unique. Être si loin et rencontrer autant de personnes qui sont dans les même trip, de nationalités différentes, partageant un verre, des bons plans, des adresses, des noms de personnes rencontrées ensembles.

C’est comme si d’un coup d’un seul la planète devenait une gigantesque plaine d’aventure. On se croise à luang prabang, on se fait un câlin et une tape dans le dos pour se dire au revoir et on se reverra en avril en Birmanie, comme quand on s’était croisés pour la première fois au Vietnam.

C’est comme si en acceptant d’être pleinement soi-même, en allant vers soi, l’on rencontrait enfin nos pairs.

Notre âge et notre expérience nous confèrent parmis tous un statut particulier, le contact est de courte durée souvent, mais toujours très agréable.

J’ai pour sans doute la première fois de ma vie le sentiment d’être chez moi partout où je vais, tant de par le fait de rencontrer d’autres personnes comme moi, avec les mêmes aspirations, venant du monde entier, que par celui d’être parmi les Laos.

Pourrais-je vivre ici, ne plus voir si souvent ma famille, mes enfants, la mer ? Je n’en ai aucune idée pour le moment.

Mais une chose est sûre, je reviendrais ici, pour plus longtemps cette fois.

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Posted from my smartphone, on the road